Byzance an 800

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lundi 3 avril 2017

Légendes du mythe de Cthulhu N°1 - Le livre noir

 Le bus l'avait conduit au terminus. Il avait rencontré cette fille dans un bar. Et maintenant l'obscurité l'entourait comme une chair. Il repensa aux danses impudiques des sorcières nues. Mais cette fois, c'était autre chose. Des épines se battaient au-dessus de sa tête ; le sol boueux essayait d'avaler ses pieds. Il devait savoir. A tout prix. Et soudain ce fut la clairière ; il se sentit plus calme qu'il ne l'avait jamais été. Il contemplait la source de ses rêves. Des entrailles rocheuses et des profondeurs sous-marines, flottant dans un milieu qui n'était pas l'espace. Les Grands Anciens vivaient toujours, gargouilla la voix. Leurs rêves pouvaient atteindre les entrailles des femmes... et façonner des enfants à leur image. Ces êtres-là ne mouraient pas. Ils prenaient peu à peu la forme ancestrale, attendant que les étoiles atteignent la position propice. Bientôt il fera nuit...

     Un demi-siècle a passé depuis les terribles événements de Providence et les lovecraftiens sont plus vivaces que jamais. L'un d'eux, Ramsey Campbell, a élevé ce monument à la gloire du Maître où les stars de la terreur moderne – à commencer par Stephen King – ont tenu à apporter leur pierre. L'incroyable édifice alimentera longtemps les rêves épouvantables de Cthulhu.

Sommaire :

1 - Ramsey CAMPBELL, Introduction 
2 - Stephen KING, Crouch End
3 - Alfred Angelo ATTANASIO, Les Étangs des étoiles 
4 - Brian LUMLEY, Le Second souhait 
5 - Frank Belknap LONG, Sombre éveil
6 - Basil COPPER, Le Puits numéro 247 
7 - Theodore Eibon Donald KLEIN, L'Homme noir à la trompe
8 - H. P. LOVECRAFT & Martin S. WARNES, Le Livre Noir 
9 - David DRAKE, Plutôt que de maudire les ténèbres
10 - Ramsey CAMPBELL, Les Visages de Pine Dunes 
11 - (non mentionné), Dictionnaire des auteurs

Psaumes pour H.P. Lovecraft - L'ombre du maître

Drôle d'idée, jeune homme, de venir vivre à Providence avec un chat qui n'aime pas le poisson et ne dort jamais ! Et de lire ces histoires où un narrateur couche ses hurlements par écrit à l'instant même où une créature venue d'ailleurs le met en pièces détachées ! Pourquoi penser aux vers qui se tortillent et se nourrissent d&9 ;e la terre en décomposition sous nos pieds ? Ici le cimetière est un endroit très agréable, préservé de toute décomposition. je vois que tu reconnais ma cape noire, mon chapeau à larges bords, ma tête de statue de l'île de Pâques. Enfin, puisque tu es là, il faut savoir s'ils t'acceptent. Es-tu prêt à courir le risque ?
     – Vous allez évoquer une de ces choses ?
     – Il n'y a rien de plus simple, une fois qu'on a saisi le truc. je leur offre juste un petit dédommagement : des critiques littéraires, des tâcherons qui m'ont grossièrement pastiché. Regarde cette montagne de boue ! Respire cette odeur d'abattoir ! C'est noir avec des tentacules, ça change de forme constamment et ça déchire tout. On pourrait croire que la substance même du monde se disloque.
     Et c'est bien ce qui arrive.

     Treize auteurs qui ont lu Lovecraft dans leur jeunesse : le choc ! Marqués à jamais, ils rendent hommage au Grand Ancien sans jamais le pasticher. Une incomparable plongée au fin fond des abîmes où dort la cité perdue de R'lyeh. H.P.L. est immortel !

Sommaire : 

1 - Robert BLOCH, Introduction
2 - Mort CASTLE, Un secret de coeur
3 - Ray GARTON, L'Autre homme 
4 - Graham MASTERTON, Will 
5 - Brian LUMLEY, « C » comme Cancer 
6 - Gary BRANDNER, Affreux
7 - Hugh B. CAVE, La Lame et la griffe 
8 - Joseph A. CITRO, Le Gardien des âmes 
9 - Chet WILLIAMSON, L'Affaire Helmut Hecker 
10 - Brian McNAUGHTON, Meryphillia 
11 - Gene WOLFE, La Cité des morts 
12 - Gahan WILSON, H.P.L. 
13 - Ed GORMAN, L'Ordre inconnu des choses 
14 - F. Paul WILSON, Les Lumières des pins 

Les papiers du Lovecraft club N°6 - La trace de Cthulhu

L'Ile n'a pas de nom, elle ne figure pas sur les cartes, elle n'émerge que rarement. ElIe est la dernière voie qui mène directement à Cthulhu ; toutes les autres sont gardées par les Profonds. Sans le récit de Johansen, miraculeusement découvert par Lovecraft, nous ignorerions jusqu'à son existence. Et maintenant, nous étions là et nous attendions. Au sommet de l'île se dressait le temple du rêve, avec sa porte en ruine ouvrant sur d'autres dimensions.
     Le premier mouvement perceptible fut celui des tentacules, s'extrayant de l'ouverture en suintant, rampant sur les rochers avec un horrible bruit de vase et de succion. Puis il y eut une vague lueurverte, et brusquement apparut la chose, qui était bien plus qu'une masse protoplasmique. Mille tentacules de toutes tailles battaient l'air sans relâche ; l'énorme tête, grotesque et semi-humaine, changeait constamment de forme ; elle était surmontée d'un oeil unique. C'était l'horreur du rêve. Telle quelle.

Sommaire : 

1 - Francis LACASSIN, Préface
2 - La Maison de Curwen Street 
3 - La Vigie céleste 
4 - La Gorge au-delà de Salapunco 
5 - Le Gardien de la clé 
6 - L'Ile noire

Les papiers du Lovecraft club N°5 - Le masque de Cthulhu

Dans ce recueil de six nouvelles, on assiste au retour du grand Cthulhu, de l'inexprimable Hastur et du Souterrain R'lyeh, personnages mythiques sorties de la fertile imagination du grand maître de l'épouvante H. P. Lovecraft. En effet, il suggéra lui-même la trame du Retour d'Hastur peu de temps avant sa mort en 1937.
Les cinq nouvelles qui forment ce recueil suivent naturellement le même thème : la relation des terribles forces psychiques qui rôdent toujours dans La Maison dans la Vallée, l'affreuse impulsion qui conduit le narrateur à sa perte parmi les Engoulevents de la colline, l'inéluctable accord qui se cache derrière le Pacte des Sandwin, et l'enquête qui suit la découverte du Sceau de R'lyeh dans la maison près d'Innsmouth.

Sommaire : 

1 - Le Retour d'Hastur 
2 - Les Engoulevents de la colline 
3 - Quelque chose en bois 
4 - Le Pacte des Sandwin 
5 - La Maison dans la valléeA
6 - Le Sceau de R'lyeh 

Les papiers du Lovecraft club N°4 - L'ombre venue de l'espace

Dans une rue de Providence, une maison très ancienne : la maison Charrière. Fasciné par son étrangeté, Alijah Atwood décide d'y séjourner.

     Dès le seuil, une odeur musquée a saisi Atwood à la gorge, et dans le laboratoire du Dr Charrière il fait d'effrayantes découvertes. Bien­tôt la maison semble se déchaîner contre l'intrus : ombres fugitives, craquements et gémissements, tra­ces humides de pieds griffus...

     Écartelé entre la terreur et la curio­sité, Atwood s'obstine. Et tandis qu'un soir il tente de déchiffrer les Traités Interdits du Dr Char­rière, apparaît à la fenêtre un visa­ge, ou plutôt l'épouvantable paro­die d'un visage...

Sommaire :

1 - Le Survivant 
2 - Le Jour à Wentworth 
3 - L'Héritage Peabody 
4 - La Lampe d'Alhazred 
5 - La Fenêtre à pignon
6 - L'Ancètre 
7 - L'Ombre venue de l'espace 

Les papiers du Lovecraft club N°3 - retour à Arkham

Quant Albert Keith a vu ce tableau, il n'a pas pu résister ; il l'a acheté. De fait, on a rarement vu œuvre d'art plus répugnante, plus digne de séduire un authentique amateur d'insolite. Lovecraft a même décrit, dans une nouvelle célèbre, une toile tout à fait semblable : le grand écrivain disparu, connu pour son imagination débordante, aurait-il, pour une fois, décrit ce qu'il voyait ? Albert Keith pense tout de suite à un canular monté par le vieux Maître avec la complicité du peintre. A moins qu'il n'ait, tout au contraire, été terriblement sérieux : ce voyage vers l'horreur et la mort où il entraîne ses lecteurs, peut-être l'a-t-il entrepris lui-même, peut-être l'annonce t-il par delà la tombe à l'humanité naïvement incrédule ? Décidément, Albert Keith, il n'aurait pas fallu acheter ce tableau ; mais si le sort t'a fait entrevoir l'éclat fuligineux des Grands Anciens qui redressent l'échine, à toi de jouer, s'il en est encore temps ! Le sort du monde est-il entre tes mains ?

Les papiers du Lovecraft clun N°2 - L'horreur dans le cimetière

 — Faites attention ! Les Atlantes ne savaient pas ces choses. J'ai parlé au Yémen avec un vieil homme qui était revenu vivant du Désert Cramoisi — il s'était prosterné devant les autels souterrains de Nug et de Yeb ...
     La voix n'était plus qu'un murmure. Clarendon sombra dans la stupeur. Puis, aux heures sombres de la nuit, il se déchaîna. James le contint de toutes ses forces. Jamais il ne répétera ce qu'il a entendu sortir de ces lèvres gonflées. D'ailleurs, qui le croirait ?
     Au matin, Clarendon reprit conscience et parla d'une voix assurée :
     — Tout ce qui est ici doit disparaître. Brûlez tout : si quelque chose en réchappe, Surama répandra la mort sur toute la surface du monde. Et surtout, brûlez Surama ! Ne lui permettez plus de ricaner devant les tortures de la chiair mortelle. Débarrassez l'univers de sa pourriture originelle... que j'ai tirée de son sommeil séculaire ...

Sommaire : 

 1 - August DERLETH, Les Révisions de Lovecraft
2 - Francis LACASSIN, H.P. Lovecraft : "nègre" littéraire ou accoucheur de talent ?, 
3 - Hazel HEALD & H. P. LOVECRAFT, L'Horreur dans le cimetière 
4 - Adolpho de CASTRO & H. P. LOVECRAFT, Le Dernier examen 
5 - Adolpho de CASTRO & H. P. LOVECRAFT, L'Exécuteur des hautes oeuvres 
6 - Zealia Brown BISHOP & H. P. LOVECRAFT, La Malédiction de Yig 
7 - Zealia Brown BISHOP & H. P. LOVECRAFT, La Chevelure de Méduse 
8 - Zealia Brown BISHOP, La Terre
9 - H. P. LOVECRAFT & Wilfred Blanch TALMAN, Deux bouteilles noires 
10 - Francis LACASSIN, Bibliographie des "révisions" de H.P. Lovecraft.

Les papiers du Lovecraft club, N° 1 : Le Rôdeur devant le seuil

En 1921, dans une forêt mal famée du nord d’Arkham, la demeure ancestrale des Billington, abandonnée depuis des décades est rouverte par un de leurs descendants. 
D’étranges papiers de famille lui révèlent les nom de Dagon, Nyarbuthotep, et l’existence d’un chef indien fantôme qui aida son ancêtre à appeler Quelque Chose à venir du Ciel dans la Nuit. 
Il découvre son appartenance à l’espèce infâme qui voulut ouvrir les portes de la terre à des monstres venus des étoiles, ayant pour parent le grand Cthulhu. Et il réalise que la tour lointaine, placée dans l’axe de la grande fenêtre, est une porte sur le seuil de laquelle ils attendent. 
L’ouvrira-t-il ? A qui ? Ou à quoi ? Pourquoi les étoiles sont-elles descendues du ciel dans la tour avant d’éclater en un flux de chair protoplasmique, putride et noire ? 

La reine en jaune - Anders Fager

La beauté du diable pour l'écriture, le génie du mal pour la construction... Anders Fager revisite les grands thèmes du fantastique pour créer sa propre mythologie contemporaine à travers des histoires qui font surgir un univers fiévreux peuplé de forces maléfiques, ou le monstre n'est jamais celui qu'on croit.

À Trossen, les résidents de la maison de retraite se regroupent au troisième étage pour des rites venus d'un autre age ; Les deux frères Zami et Janoch escortent Grand-Mère pour un long voyage - Grand-Mère qui gronde parfois, ou montre les crocs ; pour My l'artiste, la femme bafouée, le chef-d'oeuvre ultime ne peut se concevoir sans sacrifices ; à Bodskär, dans la baie plongée dans les ténèbres, quelque chose émerge des flots...

Découvrez un Lovecraft version trash et rock'n'roll pour une véritable et très angoissée chronique sociale.

Les Furies de Boras - Anders Fager

"En janvier 2013, les éditions Mirobole déboulent dans le milieu de l'imaginaire. Elles entament leur nouvelle collection Horizons Pourpres avec la publication d'un recueil de près de 350 pages : Les Furies de Borås. C'est la première publication en France d'un auteur jusque là rigoureusement inconnu sous nos latitudes, le suédois Anders Fager. Il s'agit en réalité de la traduction d'une sélection de 13 nouvelles de son anthologie-somme Samlade Svenska Kulter. C'est donc un énorme risque que prend Mirobole, surtout que le registre choisi n'est pas un des plus populaires en France : le fantastique. Enfin du moins, un fantastique largement agrémenté d'horreur et sous influence Lovecraftienne. Près de 2 ans plus tard, alors que l'aventure éditoriale de Mirobole est en passe de devenir incontournable avec des ouvrages aussi excellents que Gretel and The Dark ou Je Suis la Reine, il était temps de revenir aux origines. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Les Furies de Borås constitue une surprise de taille.


De quoi est-il question dans ce recueil ? De monstres principalement. Qu'ils aient des traits humains ou non. Contrairement aux autres ouvrages du même type, Les Furies de Borås renferme un certain nombre d'histoires dans un univers partagé. Ce n'est pas le cas de toutes les nouvelles présentées telles que Le Vœu de l'homme brisé ou Un Point sur Västerbron. Autre originalité, le livre compte un certains nombre de novelettes, de très courtes histoires intitulées Fragments. Au nombre de cinq, ces fragments permettent de prolonger l'expérience proposée par les autres nouvelles...mais nous y reviendrons. En l'état, ce qui surprend, c'est l'homogénéité du recueil, le choix extrêmement pertinent des textes et l'ambiance cohérente qui s'en dégage. De ce côté, les Furies de Borås s'avère impeccable.


Penchons-nous ensuite sur le contenu lui-même. Le recueil s’ouvre sur la nouvelle éponyme. On y fait la connaissance de Sofie, une jeune fille à l'aspect revêche, et ses copines des villages de Borås, Värnamo et Jönköping. Elles s'embarquent pour la boîte de nuit d'Underryd en quête de garçons. Jusque là, rien de très surprenant. Sauf que la petite sortie entre filles se transforme rapidement en cauchemar. En réalité, Sofie est une veilleuse, une custodae d'une société vieille comme le monde et qui vénère une entité appelée le Messager. A chaque pleine lune, les filles emmènent un homme pour le sacrifier dans une orgie de sang, de sexe et de violence. Premier texte et première surprise. Le monde d'Anders Fager est un monde violent, où le sang côtoie le sexe, où la mort peut surgir dans les endroits les plus improbables. C'est aussi cette histoire qui va donner le ton de l'ouvrage au lecteur innocent qui ouvre par hasard le volume écrit par le suédois. Avec une écriture enlevée, un phrasé rythmé et concis, l'écrivain nordique happe son monde en quelques lignes. Véritable ouragan, Les Furies de Borås ne fait pas qu'installer une ambiance, elle pose les bases d'un univers. Cela pourtant, on ne s'en rend pas compte immédiatement car le récit suivant, Le Voeu de l'homme brisé, s'éloigne de ces considérations.


On y retrouve Bjarne, un paysan norvégien, qui voit sa vie réduite en cendres par le massacre sauvages causé par une troupe de soldats suédois. Si l'on quitte donc le Messager et Sofie, l'ambiance posée auparavant reste la même. On s'aperçoit dès ce deuxième essai qu'Anders Fager aime les entités mythologiques, ces monstres dont les racines plongent profondément dans le passé des hommes. Après le Messager, c'est Ittakkva qui entre en scène, sorte de monstruosité sans visage issue de la culture lapone. Dans les écrits du suédois, tout est en réalité question de mystères et d'énigmes angoissantes. On retrouve cette propension aux non-dits dans quasiment tous ses autres textes. Une ombre inquiétante, terriblement vieille et poussiéreuse plane sur les protagonistes de ces histoires terrifiantes. C'est le cas par exemple d'une des meilleures nouvelles du recueil : Joue avec Liam. Anders Fager nous fait pénétrer dans l'univers morbide d'un enfant pas tout à fait comme les autres. Un garçon qui adore les dinosaures et les lapins-caca. Liam aime foncièrement l'humour pipi-caca mais c'est de son âge. Le problème c'est qu'il va découvrir un trou que les lapins n'approche pas. Un trou si profond qu'une entité qu'il surnomme Deinonychus y réside...A moins que ce ne soit que l'imagination malsaine du jeune garçon ? En fait Anders Fager joue sur deux tableaux dans cette splendide nouvelle. D'abord sur la possible folie d'un enfant qu'on devine fragile, ensuite sur les ténèbres que recèlent ce terrier répugnant. Menée de main de maître, la nouvelle fait appel avec force et conviction à cet espèce de flou artistique dont raffole le suédois et qui fait tout le charme de ses écrits.


Une autre de ses marottes, comme on a pu le voir dès le départ, c'est bien évidemment le sexe. Orgie sanglante dans Les Furies de Borås, sexe déviant dans Trois semaines de bonheur ou sado-masochiste dans Encore ! Plus Fort !, les nouvelles de Fager établissent toutes, ou presque, un rapport glauque avec la sexualité. L'écrivain aime à explorer les contradictions sexuelles et s'amuse à écœurer son lecteur lors de scènes fortement évocatrices. Dans Trois Semaines de bonheur, le suédois marie la libido peu commune de Malin Månsson à des images répugnantes de créatures marines. Si la jeune femme ne possède pas de tentacule, l'odeur du varech et ses pieds palmés renvoient à une imagerie Lovecraftienne en diable. Surtout lorsque le secret de son mode de reproduction se révèle au lecteur. Encore une fois, Fager laisse son lecteur dans le flou, entretient le mystère et disserte avec un talent insolent sur un quotidien qui vire peu à peu à l'horreur. Cette habileté, on la retrouve également dans Encore ! Plus Fort !. Le suédois nous y décrit les mœurs sado-maso d'un couple improbable avant de glisser lentement mais surement dans une horreur sourde qui devient de plus en plus pesante au gré des pages. Comme toujours, il nous laisse apercevoir derrière ces récits des créatures aussi vieilles que malveillantes.


C'est encore le cas dans L'escalier de service. On y retrouve les obsessions de l'auteur pour le sexe avec cette machine délicieusement drôle pour l'époque, sensée libérer Elvira Wallin de la "tension accumulée". Celle-ci rêve toutes les nuits qu'elle descend l'escalier de service et que des choses innommables se produisent. Tout cela rend perplexe son docteur jusqu'au jour où il découvre quelle entité réside dans les fondations de la demeure. Pleine de tentacules et de perversion, l'histoire s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs. Du moins excepté pour Un Point sur Västerbron qui joue la carte de l'étude scientifique. L'épais mystère qui entoure le suicide de cent cinquante et une personnes renferme assez de questions terrifiantes pour happer l'attention du lecteur. Une nouvelle fois, Fager entretient le suspense avec brio. Reste alors l'autre originalité du recueil : les Fragments.


Le volume en compte cinq. Il s'agit en fait de minuscules histoires (cinq à six pages) qui peuvent soit se rattacher à d'autres (notamment celle de Sofie dans Les Furies de Borås et celle de Malin dans Trois semaines de bonheur) soit constituer un écho troublant à un récit particulier (les deux textes évoquant le Voyageur font irrémédiablement penser à la chose dans le trou découvert par Liam.) Elles permettent de prolonger le plaisir mais également de bâtir un univers partagé qui trouve son accomplissement avec l'ultime texte du recueil : Le Bourreau Blond. On y retrouve pour la dernière fois Sofie la Veilleuse qui doit venir en aide à une autre société obscure. Ici, avec un plaisir certain, Ander Fagers résume ses obsessions, rend un hommage à Lovercraft et jette des ponts entre ses différents textes. Le récit est d'autant plus efficace que le suédois fait preuve d'un rythme soutenu dans son écriture avec des phrases courtes et rapides donnant une impression de fuite vers l'avant. Une sensation d'autant plus importante lorsqu'il aborde des scènes de sexe débridées ou des instants de terreur absolue.


Arrivé à la dernière page de l'ouvrage, une évidence s'impose : Anders Fager est un maître de l'horreur viscérale et du fantastique moite. Sans aucune faute de goût, Les Furies de Borås propose la synthèse d'une multitude d'éléments horrifiques de la façon la plus élégante possible. Proprement terrifiant la plupart du temps, le recueil incarne ce qui se fait de mieux dans le genre dans la droite lignée d'un Lovecraft ou d'un Barker. Désormais, on attend de pied ferme la suite des écrits de l'auteur. Les éditions Mirobole ont tiré une fameuse carte avec le suédois Anders Fager !"


 Just A Word - Nicolas Winter

Le piège de Lovecraft - A. Delalande

 « J’ai lu le livre qui rend fou. Le Necronomicon. Et aujourd’hui ils m’ont enfermé. Qui que vous soyez, où que vous soyez, si vous tombez sur un exemplaire de ce livre démoniaque, croyez-moi : fuyez-le, brûlez-le – même si cela ne suffira pas à le détruire – mais par pitié : ne l’ouvrez pas…. »
David cherche à comprendre les raisons qui ont poussé un de ses camarades à perpétrer un carnage abominable sur le campus de Laval, au Québec. Retrouvant les œuvres récemment empruntées par cet étudiant, David se voit piégé à sont tour par les livres maudits, dont le fameux Necronomicon de l’écrivain H.P. Lovecraft … Pris dans l’univers du romancier, il bascule à son tour…
Dans la lignée du Piège de Dante, traduit dans près de vingt pays, Arnaud Delalande revient avec un thriller angoissant et fantastique, qui est aussi une méditation sur le pouvoir des livres sur notre imaginaire.